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le lexique de l'analyse | 5 clés pour comprendre les graphiques

Avant-propos
1. Se faire une première impression visuelle
2. Chercher les canaux de tendance à long terme, puis à court terme
3. Déceler les supports et résistances
4. Chercher les effets de symétrie
5. Surveiller les volumes

   
Avant-propos
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Afin de vous éclairer sur la démarche de l’analyste chartiste dans son travail vous trouverez sans doute utile de savoir comment aborder un graphique pour l’analyser et en déduire un pronostic avec une bonne probabilité de réussite en votre faveur. De même vous comprendrez mieux a démarche des analyses qui vous sont présentées chaque semaine dans Stratégie Graphique.
Fondée sur l’observation de la façon dont les prix évoluent, l’analyse graphique naît d’un constat trivial :
Les déséquilibres entre l’offre et la demande sont des phénomènes qui s’inscrivent dans la durée pour former des tendances qui demeurent en place jusqu’à ce qu’elles se retournent.
Autrement dit, en dépit de puissantes théories sur les marché, les cours ne répondent pas totalement à un comportement aléatoire ou efficient qui dépendrait à tout instant de la totalité de l’information disponible, et il appartient à l’analyste d’essayer d’en tirer parti en décelant la tendance en vigueur, et les niveaux auxquels un retournement ou une pause sont susceptibles de se produire. Vous pourrez vous aussi vous livrer à cet exercice en appliquant les quatre principes suivants :

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1 - Se faire une première impression visuelle :

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Alors qu’un ordinateur devra se livrer à de nombreux calculs pour déterminer le sens d’une tendance, votre oeil a la faculté de synthétiser l’allure générale des courbes avec une finesse et une sensibilité sans égales. Comme pour toute perception sensorielle vous pouvez vous faire une première impression et ressentir si une courbe présente une dynamique haussière, latérale avec des oscillations de haut en bas d’un bandeau de transactions, ou enfin baissière. Vous pouvez apprécier dans l’amplitude des barres qui la composent si le comportement est net, bien défini, ou au contraire si vous êtes en face d’un titre volatil et sujet à des fluctuations décousues. Dans le premier cas vous prendrez des positions dans le sens de la courbe sans trop chercher un écart de prix car vous serez face à un titre à tendance forte. Dans le second, vous essaierez d’attraper des cours assez éloignés de la moyenne, en bas pour acheter, et en haut pour vendre.
De même vous observerez la façon dont le titre forme ses prix. Vous constaterez que dans la plupart des cas favorables les hausses se présentent sous formes de figures successives tournées vers le haut comme des anses, des cuvettes ou des W, alors que les configurations baissières se présentent plus souvent sous formes de sommets successifs, plus ou moins arrondis ou en M, soit des formes tournées vers le bas.
Il est recommandé de se faire une opinion visuelle des graphiques à long terme puis à court terme, c’est pourquoi on s’attachera à voir l’évolution d’un titre sous des horizons différents allant de plusieurs années sous forme de barres hebdomadaires (voire mensuelles) , en passant par environ 9 à 12 mois sous forme quotidienne et enfin sur les dernières semaines en forme quotidienne. C’est la raison pour laquelle Stratégie Graphique vous présente les graphiques sous forme de deux fenêtres à long et à court terme.

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2 - Chercher les canaux de tendance à long terme, puis à court terme :

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Une fois appréhendée la nature générale plus ou moins positive de la courbe, le premier travail consiste à délimiter les canaux de tendance, également à court et à long terme.
L’analyste cherchera à placer ces canaux en fonction d’une cohérence maximale par rapport au passé de la valeur, sur une échelle semi logarithmique sur laquelle les pourcentages de variations sont constants. Ainsi une valeur présentera le même écart entre 100 et 110 F qu’entre 200 et 220 F, soit 10 % d’augmentation.
La première tâche consistera à délimiter les canaux de tendance longue sur la base d’un passé aussi ancien que possible tout en cherchant un maximum de cohérence dans le tracé. Un graphique hebdomadaire remontant à quelques années sera souvent utile pour mener à bien ce travail. En général un canal haussier se tracera sur la base de plus bas ascendants puis on tirera la parallèle qui permettra de faire coïncider un maximum de plus hauts passant par celle ci.
Une fois dégagé le canal de tendance longue en vigueur on cherchera de la même façon à tracer un canal de tendance courte pour déceler le mouvement sur le court terme. Si celui va dans le sens de la tendance longue le mouvement risque de se poursuivre, probablement jusqu’à atteindre les limites des canaux concernés avant une réaction inverse ou de consolidation. Si le canal de tendance courte va dans le sens inverse on prévoira un arrêt du mouvement au croisement avec le canal de tendance longue qui risque de peser en contresens.

Deux principes essentiels sont à retenir sur l’influence des canaux de tendance:

1- Plus ils ont démontré leur fiabilité dans le temps, plus il doivent être considérés comme solides, et plus leur cassure effective peut constituer un signal de changement ou de retournement important.

2 - Les limites supérieures ou inférieures des canaux de tendance constituent des résistances et des supports mobiles qui varient avec le temps mais leur influence n’en demeure pas moins essentielle.

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3 - Déceler les supports et résistances

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Que ce soit en raison de l’influence grandissante de l’analyse graphique elle même, d’un effet de mémoire des investisseurs, ou pour toute autre combinaison d’explications plus ou moins rationnelles, l’observation montre que les cours réagissent fréquemment en butant ou en s’inversant à des niveaux où ils l’avaient déjà fait précédemment. C’est pourquoi on cherchera dans le passé graphique des valeurs les niveaux auxquels une réaction de rebond ou de rechute s’était déjà produite pour y repérer un support ou une résistance.
La théorie indique qu’un support enfoncé devient résistance et vice versa. D’un point de vue pratique, cela fonctionne correctement quand l’enfoncement ou le franchissement ont été très importants en amplitude. Dans le cas contraire il faut plus y voir un signal sur la direction future de la valeur et surtout un affaiblissement du support ou de la résistance concernés. Ainsi une valeur qui enfonce un support à 100 F pourra descendre vers 97 F avant de rebondir. On constatera souvent qu’elle peut revenir au delà de 100 F, par exemple vers 102 ou 103 F avant rechute vers 97 F et peut être moins. Dans cet exemple le seuil des 100 F n’est pas devenu une vraie résistance au rebond, en revanche a perdu sa solidité en tant que support au moment de la rechute.

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4 - Chercher les effets de symétrie

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L’observation de milliers de graphiques le montre, les cours évoluent très souvent selon des figures presque symétriques dans leurs amplitudes et parfois aussi dans le temps. Vous noterez ainsi qu’une cassure de canal de tendance entraîne très fréquemment une vague presque symétrique par rapport au point de cassure. Une fois cassée une figure en épaule tête épaule amènera très souvent vers une projection symétrique en dessous du point de cassure. Vous serez souvent frappé par le comportement symétrique qui conduit souvent les remontées de valeurs après une longue période de baisse, ce fut le cas de l’indice CAC 40 au rebond après son grand marché baissier entre février 94 et fin juin 95. Bref, vous sentirez souvent le comportement à venir d’une valeur en gardant à l’esprit que les comportements de symétrie sont trop fréquents pour ne répondre qu’à un effet du hasard.

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5 - Surveiller les volumes

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Si vous observez les graphiques vous observerez presque toujours que des volumes exceptionnels précèdent ou accompagnent des mouvement majeurs sur les valeurs. Il vous appartiendra d’en déceler la nature, la cause éventuelle, et surtout de bien situer leur position sur le graphique et les mouvements de prix qui en résultent. De puissants mouvements sont souvent précédés ou accompagnés de volumes exceptionnels, c’est pourquoi ils méritent une attention très particulière. Nos travaux nous ont conduit à repérer 6 types de volume appartenant à trois catégories, les volumes en bas, en haut et les volumes de cassure.

A- Volumes en haut :

Le volume de fin de hausse
: après une phase de hausse dans un volume régulier, un gonflement de volume apparaît souvent, donnant un signe précurseur de fin de hausse, d’autant plus si celle ci se ralentit en pourcentage. C’est le signe d’une " distribution ", c’est à dire qu’à ces niveaux la demande commence à rencontrer une offre de plus en plus substantielle. Il viendra souvent, peu après, un mouvement de repli, appelé consolidation, en principe avec un retrait des volumes sur la descente si celle ci se passe dans des conditions modérées et qui restent finalement positives pour l’avenir.
    
Le volume de début de baisse : Généralement plus dangereux, le volume de début de baisse se caractérise par un gonflement des volumes sur une baisse prononcée au terme d’une longue phase de hausse. Dans ce cas le consensus s’est fortement inversé sur la valeur et les acheteurs, en infériorité, sont copieusement servis par la masse de ceux qui préfèrent prendre des bénéfices. Les détenteurs de titres conservent leurs positions d’où un volume qui devient faible puis celui ci commence à s’étoffer sans reprise haussière. Enfin c’est la cassure avec du volume. Le signal est donné pour une forte chute car cette fois la masse des détenteurs décide de prendre ses profits avant qu’il ne soit trop tard. Le titre pourra descendre d’autant plus bas que le volume est important et la chute tendra à prendre fin à partir du moment où le volume reprendra, sous forme d’un volume de " fin de baisse ".

B- Volumes en bas :
   
Le volume de fin de baisse
: après une phase de baisse dans un volume fort puis devenu faible ou régulier, le volume s’accroît souvent, donnant un signe précurseur de fin de baisse, d’autant plus si celle ci se ralentit en pourcentage. C’est le signe d’une " accumulation ", c’est à dire qu’à ces niveaux l’offre commence à rencontrer une demande pour ramasser les ventes de ceux qui lâchent le titre, souvent parce qu’ils ont été trop échaudés par la baisse qu’ils viennent de subir. A ce moment, ou peu de temps après, le titre rebondit, parfois même sans volume, parce que la " purge " est terminée, ceux qui devaient vendre l’ont fait et il n’y a plus de pression vendeuse. Ce genre de signal est intéressant pour se mettre en alerte, ou pour les traders à court terme qui peuvent se préparer à jouer une réaction de rebond à court terme.
     
Le volume de début de hausse
: après une phase de baisse, souvent caractérisée par ce qui précède, la valeur rebondit dans un volume très important. C’est un volume de début de hausse, souvent typique d’un plus bas majeur à partir duquel le titre peut porter très loin la hausse. Vous observerez ce genre de configuration sur pratiquement toutes les valeurs lorsqu’elles ont fait des plus bas historiques ou tout au moins sur de nombreuses années.
   
C- Volumes de cassure :
Ce sont des volumes qui accompagnent une valeur au moment où elle résout une figure en sortant d’une phase de congestion, ou notamment à l’occasion d’une sortie de canal de tendance. Dans ce cas on y verra le plus souvent un signal de validité de la cassure.

Volumes normaux ou faibles :
Pour terminer sur ce thème essentiel, il faut comprendre un aspect paradoxal mais essentiel à ne pas perdre de vue dans l’analyse des marchés ou des valeurs: Si le volume valide les mouvements qu’il accompagne il n’en est pas moins synonyme de gaspillage d’énergie. Une valeur qui monte sans volume particulier fait une hausse fragile mais elle prouve à la fois l’absence d’offre face à l’accroissement des cours. Aussi longtemps qu’il n’y aura pas de retournement, et en l’absence de résistance graphique, la hausse pourra donc se poursuivre sans efforts. Vous constaterez ainsi que des hausses très substantielles se sont développées accompagnées par des volumes faibles et réguliers. Le même phénomène se produit à l’occasion de baisses interminables et il faut souvent attendre le volume pour en déceler les signes d'une fin prochaine.

 

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