Cela peut se comprendre après des semaines calamiteuses, les marchés ont pris l’habitude d’anticiper une issue négative aux nouvelles, or celles-ci sont parfois positives. Du côté français, si on peut penser qu’Emmanuel Macron en aura fait assez pour que le mouvement des gilets jaunes s’essouffle, c’est encore du côté de Donald Trump qu’il convient de se tourner. Contrairement à ce que laisse entendre la presse et la plupart des analystes les discussions sérieuses et productives du côté des relations sino-américaines...
La séance américaine extrêmement négative observée vendredi avait peu de chances de céder place à un retournement haussier alors que les indices américains ont commencé la séance en poursuivant leur recul en début de séance, tandis qu’en Europe le vote attendu sur le Brexit est finalement reporté dans la crainte d’un rejet du projet négocié par Theresa May. Personne ne croit sérieusement à un Brexit dur, mais il faudra sans doute encore quelques semaines d’incertitude pour déboucher sur d’éventuelles élections...
La rechute violente des indices américains sur un rapport de l’emploi idéal du point de vue des marchés est déconcertante, peu conforme à un comportement normal. Les 161 000 créations d’emplois de novembre, à peine en-deçà des attentes, évoquent un léger tassement plutôt qu’une surchauffe, d’autant que les salaires progressent de 0,2 % au lieu de 0,3 % attendus sur un taux de chômage stable à 3,7 % pour une légère baisse des heures travaillées. Cela ne peut qu’encourager la Fed...
Incertitude du côté du Brexit, arrestation de la numéro deux de Huawei qui relance des inquiétudes sur la réalité de l’apaisement des relations sino-américaines, accélération de la baisse sur les indices américains en début de séance avec la rupture des 2700 sur le S&P500, inversion possible de la courbe des taux, et peut-être aussi le sentiment d’un désordre grandissant en Europe à l’aune de l’effarante situation française, il n’en fallait pas plus pour que le CAC 40 ouvre directement en-deçà...
L’humeur reste résolument maussade sur des marchés européens qui auraient sans doute connu pire si la Chine n’avait enfin affirmé haut et fort à travers des voies officielles que la rencontre de samedi dernier, contrairement à ce qu’insinuent les médias, était un franc succès et que les intentions sont bien réelles de résoudre au plus vite les sujets qui nourrissent aujourd’hui les craintes de guerre commerciale. Cela se sera probablement répercuté de façon encore modeste sur les contrats futures américains...

