Il fallait une statistique de l’emploi américain pour le mois d’avril comme celle de cette fin de semaine, solide mais pas trop explosive, et surtout avec des salaires en hausse de 2,6 % seulement sur un an, comme en mars, pour que l’extrême pessimisme qui régnait sur les marchés dans la crainte d’une Fed trop agressive pour contrer l’inflation cède le pas à la poursuite de la reprise technique orchestrée la veille sur un chandelier typique de fin de baisse....
Quand les indices américains broient du noir, il est difficile pour le CAC 40 de soutenir durablement une hausse à contresens de ses homologues outre-Atlantique. L’humeur y est franchement détestable, avec un rejet systématique des excellents résultats des entreprises, une hantise de l’inflation et de la hausse des taux, sans parler de la crainte prématurée d’un échec en matière de négociations commerciales entre l’équipe de top niveau américaine et les représentants chinois. Du coup, le CAC 40 continue de bénéficier...
Il est habituel que le PIB du premier trimestre soit en retrait par rapport au dernier trimestre de l’année, et cela s’est confirmé avec une croissance ralentie à 0,3 % en France, mais un chiffre supérieur aux attentes à 2,3 % aux États-Unis, qu’il convient de mitiger dans la mesure où une large part en revient à l’augmentation des stocks. Cela n’empêche pas les indicateurs de confiance de rester positifs, à l’image des résultats et perspectives explosifs pour les entreprises...
Les analystes qui s’inquiètent de la remontée des taux en Europe, et pour commencer d’une fin prématurée des injections de liquidités par la BCE devront encore patienter. Mario Draghi s’est montré très prudent sur le sujet, déterminé à poursuivre la politique ultra accommodante dans la conviction que l’inflation remontera à 2%, mais rien dans les derniers éléments ne permet de le confirmer. Cela remet au minimum à septembre la fin du programme d’injection de liquidités en Europe. Il n’en fallait...
Le marché a bien du mal avec les taux américains qui semblent s’installer désormais au-dessus de 3 % à 10 ans, sans pour autant créer une envolée trop brutale qui serait très mal perçue. Du coup, les sociétés qui les une après les autres publient d’extraordinaires résultats bien au-dessus des attentes se voient sanctionnées par des investisseurs sans doute trop soucieux d’anticiper la prochaine récession que les taux plus élevés devraient, selon eux, déclencher… Dans ce contexte, le CAC 40...

